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Quelle est l’origine et la signification du mot ‘’Kamit’’ ou ‘’Kémit’’?

Qu'est-ce qu'un ''Kamit''?

Voici la définition d'une Internaute:

"Kamite veut peut-être dire noire mais un noir spirituellement élevé. Tous les kamites sont noirs mais tous les noirs ne sont pas kamites."

Cette définition épouse parfaitement la vision des NÉTÉROUS (Ancêtres) et elle doit être le primum moven de la Nouvelle Génération Consciente et Patriote Panafricaine.

Pour Pierre Nillon(1), chercheur - ecrivain - théologien et egyptologue :

« Nous avons pris l'habitude de nous désigner par des noms qui nous ont été donné par des étrangers. Mais au fond de nous, qui sommes-nous ?

Tour à tour, les différents "Envahisseurs" de notre continent ont donné des noms aux peuples africains et créé des frontières visant à nous séparer :

Les Européens nous désignent par le mot Africains ayant pour origine le mot Ifriqiya, nom d'une tribu Berbère installée à l'époque romaine, entre la Tunisie et l'Algérie orientale.

Les Arabes nous désignent par le mot Soudan signifiant Noirs, et notre continent par AlKabulan signifiant Celui qui sait recevoir.

Les Grecs nous désignaient par le mot Ethiopiens signifiant Visage Brûlé, et le mot Libye désignait notre continent (Hérodote, Histoire Il, 22 et Histoire IV 42).

Quant aux Juifs, ils nous désignaient par le mot Koushim et notre continent par le mot Koush, du nom BaKouSou l'un de nos peuples du Zaïre (Jérémie 13 : 23 et Sophonie 3 : 10).

Cependant, le chapitre 10 du livre de la Genèse en citant les trois continents connus dans l'Antiquité, nous révèle que l'ancien nom de notre continent était KaM, diminutif de KaMa. En effet, KaMa en araméen ou KaM en hébreu, signifie Chaleur, Brûlé, Noirci..., caractéristique principale de notre continent, car selon Hérodote, la chaleur y rend les Hommes Noirs (Histoire II, 22). Le mot KaM figure également sur une inscription cananéenne datée du 10ème siècle av. J. C, et désigne notre continent (Stèle de Paraiba, au Brésil).

Mais le mot KaMa est-il originaire de notre continent ?

Oui, car depuis l'apparition de l'écriture hiéroglyphique (3400 av. J. C), les anciens Egyptiens se désignaient par le mot KaMtou signifiant Noirs, car ils l'étaient. Par ailleurs, ils utilisaient le mot KaMi signifiant Noire, non seulement pour désigner leur terre, mais aussi par extension notre continent. Cette racine héritée de nos ancêtres se rencontre dans les langues suivantes :

KaMa signifiant Noir en Copte,

KaMa signifiant Noirci en Mbochi,

KaMi signifiant Brûlé en Bambara,

KéMi signifiant Brûlé en Mandjakou,

KeM signifiant Brûlé en Wolof,

Kim signifiant Brûlé en Mossi, etc... Notons aussi que KeMbou signifiant Charbon en Pullar,

KeMpou signifiant Noir en Vaï,

KéMatou signifiant Complètement Brûlé en Mandjakou sont à rapprocher de l'égyptien KaMtou.

Le mot égyptien KaMa représenté graphiquement par un morceau de bois brûlant (un charbon) dérive du radical KaLa signifiant également Charbon dans certaines de nos langues, à l'instar du Kikongo, du Téké, du Zigoula, du Mbati, etc...

En Inde, le mot KaLa signifie Noir en Tamoul et la déesse Noire vénérée depuis au moins 5000 ans se nomme Kali. Eventuellement, le mot KaLa évolua en GaLa dans certaines langues à l'instar du Topoke, précisons qu'en Kikongo KhaLa signifie Charbon au singulier, tandis que MaKaLa signifie Charbons au pluriel.

 D'autre part, en égyptien comme dans d'autres langues de chez nous, la lettre L se confond avec la lettre R et sont représentées graphiquement en égyptien par une bouche. C'est ainsi que KaLa devient KaRa chez certains peuples, de même GaLa devient GaRa chez d'autres. Effectivement, les Garamantes (GaRa Mandé, GaRa Muntu = Homme Charbon) véritables autochtones de l'île de Crète et du Maghreb dans l'Antiquité étaient nos frères (Hérodote, Histoire IV 174, 183 à 184).

 Le pays du BenGaLe tire également son nom des BanGaLa du Zaïre (nGaLa au singulier et BanGaLa au pluriel). Afin de renouer les liens brisés avec notre Terre d'origine et avec nos Aïeux, il est vital pour nous que nous nous désignions par notre véritable nom à savoir fils ou fille de KaLa, de GaLa, ou éventuellement de KaMa, d'où Kamit ou Kémit. »

 (1)http://kamitewoman.over-blog.com/article-le-veritable-nom-de-l-afrique-par-pierre-nillon-65560960.html


Comme le rappelle le Pr René-Louis Étilé Parfait :

« en associant les idées provenant par exemple du Papyrus funéraire de Hérouben (Osiris aux chairs noires et en état ithyphallique est identifié au soleil), on peut donc déduire que le mot « Noircir » signifie : grandir, rehausser, élever, honorer, magnifier, l'intégrité de la plénitude ».

C'est la grandeur d'âme d'Osiris que l'on honore en disant qu'il est Noir, Nègre, d'où le terme « Kem Our », à savoir le « Grand Noir ou encore le Grand Nègre » !

C'est en tant que « Kem Our » qu'il est « Neb Maât », c'est la dire le « Maître de la Vérité, Justice, Equité ». Sans son aspect Nègre, cette fonction serait impossible. Ainsi, les mots « noirs », «noircir », ajoute René Louis, sont les piliers même des notions de « création, de germination, de naissance et d'incubation pour renaître à une vie différente, toute germination s'opérant dans l'obscurité, dans le noir. Le Noun, l'abîme céleste, est le dieu père de tous les dieux, car tous sortirent de la ténébreuse nuit primordiale. Les philosophes initiés de Kémèt associaient harmonieusement le noir avec l'éclat, les ténèbres avec la lumière».

C'est dans ce sens que nos ancêtres affirmaient qu'ils étaient «Kem», « Noirs » (c'est-à-dire intègres, honnêtes, respectueux de leurs obligations, n'oubliez pas qu'Etre Noir signifie textuellement "mener à bien, s'élever à, achever, accomplir...") et c'est dans ce sens qu'il faut comprendre le terme KEMET, à savoir la « Civilisation noire » et non pas la « Terre noire ». Kemet était le lieu Sacré où s'opérait le mystère de la résurrection divine, la promesse d'éternité en Maât faite à tous les hommes et femmes Serviteurs de la Vérité, Justice, Equité en Amon-Râ.

Si les études ADN ont confirmé la thèse cosmopolite grecque (étude réalisée en 2000), ce n'est pas le cas pour les momies de l'Ancien Empire et au-delà. Toutes les études faites (même celle de 2000), même celles faites par des équipes françaises, ont abouti au renforcement de la thèse africaine noire.

Pour infos : « La lettre du Caire No. 58 Du 25 /4 Au 1er / 5/ 2000 »

Il convient de rappeler que le verbe « Kem », « être noir » signifie, « s'élever, mener à bien, accomplir, faire preuve d'intelligence... ».

1. en effet "complet complètement donc accomplir, tous, perfection en ewe=kem"

Kemti = kamit,

Kemti ou, w, wo = les kamites,

Ex:ashan ti = un ashan "une personne"

Ashanti wo, ou= les ashantis

2. "ti" dans certains circonstance = pays

Ex:le nom qui désigne encore aujourd'hui le continent européen pour les anciens des villages se dit ABLO TI « abloti »

Ablo=ignorance, perdu, flou, confus, mensonge

Ti = pays

Le champ sémantique relatif à la graphique « KMT » n'a rien à voir avec le monde grec et donc européen. Comme vous pouvez facilement le constater, les Grecs ont utilisé dans leurs écrits, les termes « Egypte » et « Egyptiens » et non pas « Kemet » ou « Kamit ».

« Egypte » est un nom extra-africain qui découle de « Hwt Ka Ptah », à savoir le « Temple de l'énergie vitale du Créateur » qui était le nom du grand temple de la ville de Memphis (Men Nefer, Basse Egypte), à savoir la capitale de l'Etat égyptien à l'Ancien Empire. C'est ce nom qui devint "Aigyptos" (Aiguptios ou Aiguptioi) dans la langue grecque et qui fut encore transformé en latin pour donner finalement le nom actuel: « Egypte ».


Les appellations « Kemet », « Kamite », ont plus de lien de parenté avec les termes « Kam », « Cham » utilisés par la suite dans le monde sémitique (vers - 300). Cependant, puisque les Divinités kamites ont régné avant les êtres humains, on découvre dans les Textes Sacrés de l'Afrique Pharaonique, qu'elles portaient toutes déjà l'épithète « Kam, Kem ». « Kem Our » est le titre d'Ousirê, « Set Kem » est le titre d'Asèt son épouse. S'il fallait maintenant faire la liste de tous les noms usités par nos ancêtres pour se désigner, elle serait celle-ci :

Iounou (Anous) : Peuple africain originel ayant remonté la vallée du Nil vers - 20 000 pour fonder la civilisation égypto-nubienne (Cf. Fouilles de Petrie et Amelineau). Les villes Iounou (Héliopolis), Iounet (Esneh), Iounasout (Hermonthis), etc. s'écrivent avec leur nom pour bien montrer qu'ils en sont les fondateurs. Le mot « Anou » figure dans les Textes de Pyramides. Dans Nations nègres et culture, le professeur Diop dit que l'on peut aujourd'hui encore expliquer le nom des Anous car en langue Diola, An signifie Homme. Anou n'est ainsi que le pluriel de An, à savoir les Hommes. Añi est en Côte d'Ivoire, le nom d'un peuple dont les rois portent le titre d'Ammon (référence au Dieu Amon kamit). Enfin au Nigeria, le titre du roi du royaume d'Ifé n'est autre que Ani ou Oni (d'où l'Oni d'Ifé). C'est aussi un autre titre d'Ousirê dans les textes des Pyramides.

Kamit: Les Noirs (F.LI. Griffith, Hieratic Papyri from Kahum and Gurob, plate volume, 3, 3.5). En plus de la couleur de peau, le terme véhicule des valeurs civilisationnelles précises : celles de l'harmonie terrestre et cosmique.

Remetou : Les Hommes par excellence (Cf. Tombeau de Séti 1er), c'est-à-dire, porteur d'un savoir civilisationnel pour l'humanité. Savoir issu du Créateur lui-même. 

Kemtiou : Les Noirs, Ceux de la Noire (Nisbet dérivant de l'adjectif noir).

Kemmiou : Le pays des Noirs, le pays de ceux qui sont Noirs.

Nous avons d'autre part, qu'au Vème millénaire avant l'ère occidentale, l'Afrique avait déjà conquit le Proche Orient et y avait même construit des forteresses et cela bien avant Narmer (Cf. Fouilles de Pierre de Miroschedji en 2000). Enfin, il convient de rappeler que le verbe « Kem », « être noir » signifie, «s'élever, mener à bien, accomplir, faire preuve d'intelligence... ». Même si on ne peut nier qu'ils connaissaient les peuples orientaux anciens, je pencherai moi pour la volonté d'affirmer leurs valeurs civilisationnelles à l'origine.

Ils étaient 100 % noirs et leurs divinités aussi, cela on le sait. Mais, ils voulaient mettre en avant la valeur morale qu'ils accordaient à leur couleur de peau.

Signification du mot « Kémèt=Égypte »

Les Égyptiens anciens désignaient leur territoire par : "HWT KA PTAH" ("Temple de l'âme de dieu", "Temple de l'âme de Ptah"). Le mot "Kem" signifiant "Terre Noire" renvoyant à la couleur de la peau des habitants de Hwt Ka Ptah, on en arrive au mot "Kémèt"= "HWT KA PTAH"="Égypte". Ainsi donc, les Égyptiens anciens se définissaient comme des "kémit" ou des "Kamit" c'est-à-dire des Noirs et non pas comme des habitants de la terres noires. De la même façon, on parle de l'Afrique Noire non pas pour désigner la terre noire mais pour désigner la couleur de la peau des habitants de l'Afrique au Sud du sahara. Les Grecs ont traduit "HWT KA PTAH" en "Aigyptos" puis on arrive à l'appelation: "Égypte"é

 


 Traduction hiéroglyphique (« medw netjer ») du mot kémèt

L'Égypte Kémèt par « Terre noire » (couleur de la terre) est un non-sens. L'expression attestée T3 n Kmt (Ta n kémèt) n'aurait aucun sens étymologiquement car il faudrait la traduire « La terre de la Terre noire».

T3 n Kmt, le domaine du pays des noirs. [1]

Par ailleurs, le mot « ta », terre, est du genre masculin dans la langue pharaonique alors que « Kemet » est du genre féminin (il y a incompatibilité en genre).

Le mot niwt (niout) qui veut dire ville, pays, cité, est du genre féminin.

Si les égyptiens avaient voulu souligner l'existence de cette hypothétique « Terre noire », il aurait suivi le modèle de l'une de ces deux graphies attestées :

Ta-hèdj, weibe Erde, Terre blanche

Ta-hèdj, Terre blanche (en tant que localité, ville ou pays), le Pays de la terre blanche [2].

La graphie, en tant que déterminatif, peut indiquer l'idée de lieu [3].

Il existe aussi une graphie « Terre verte », T 3- W3ḏ, lire Ta-Ouadj, une ville en Nubie à coté du Wâdi Halfah, Bubge Volume II page 1050) De plus, comme l'a démontré le professeur Mubabinge Bilolo, l'ajout selon lequel Kmt ou Kheme ne se rapporterait nullement à la pigmentation nègre des anciens Egyptiens ou au caractère nègre de leur Culture ne se fondent pas sur les textes pharaoniques, mais sur un passage du chapitre 33 d'Isis et Osiris (= Moralia, 364 A-C), relatif au nom de l'Egypte en égyptien : Chmia. Or, le contexte de ce chapitre privilégie le caractère osirien, c'est à dire le caractère nègre des hommes du Pays d'Osiris, de leur culture et de leur Patrie [4].

Enfin cette graphie (Kmmiw, kémmiou, Kammiou) désigne aussi le pays que nous appelons aujourd'hui « Egypte ». Cette graphie a été construite à partir du verbe « kmm » (kamm, kemm) qui veut dire tout comme le verbe « km » (kèm, kam) « être noir » :


 

 

verbe Kmm, être noir

 

 

verbe Km, être noir 

Le mot « Kémmiou » privé du déterminatif  (ville, pays) est le participe actif imperfectif masculin pluriel du verbe « être noir ». Il veut dire « ceux qui sont noirs ». Ce participe emploie une ancienne terminaison (au lieu d'avoir la terminaison « yw », lire « you », il a une terminaison en « iw », lire « iou »). Le nom de l'Egypte doit être traduit par « Le Pays de ceux qui sont noirs » c'est à dire « Le Pays des Noirs ». Cette traduction est attestée chez les Arabes et chez les Hébreux. Le mot « Kémmiou » confirme que l'ancien nom de l'Egypte est lié à la « race » de sa population. Cette graphie n'offre aucune règle grammaticale pour être traduite par « Terre noire » (Il y a aussi incompatibilité en nombre, le participe Kémmiou est un pluriel). [5]

Les Pays étrangers pour les Egyptiens : DESHERET

La Noire (les nationaux, Kémèt) s'oppose à la Rouge (l'ensemble des pays étrangers, Desheret). Le Pays des Noirs civilisés (Kémèt) s'oppose aux Noirs non civilisés (Desret, les mauvais fils de Kouch, les vauriens). Les Asiatiques et les Libyens blancs étaient désignés par les qualificatifs les plus injurieux, par exemple, « ceux qui marchent à quatre pattes comme les animaux », « lépreux » probablement à cause de leur teint clair, « pestiférés », « maudits », « pillards », « voleurs », « Asiatiques ignobles » [6].

Desheret, Pays étrangers, Pays lointains, La Rouge, les Pays non-civilisés, les peuples barbares.


 Références bibliographiques:

[1]
Théophile OBENGA, La philosophie africaine de la période pharaonique 2780-330 avant notre ère, L'Harmattan, 1990, pages 80 et 86
Rainer Hanning, Grobes Handwörterbuch Ägyptisch-Deutsch, Philipp vob Zaben, 1995, page 883

[2]
Rainer Hanning, Grobes Handwörterbuch Ägyptisch-Deutsch, Philipp vob Zaben, 1995, page 914
E.A. Wallis Budge, An Egyptian Hieroglyphic Dictionary, volume II, page 1051

[3] P. Grandet et B. Mathieu, Cours d'Egyptien hiérioglyphique, Khéops 1997, liste des signes, O1, page 696

[4] Intervention du Pr Bilolo lors de la journée ANKH'2000, résumé disponible dans la revue Ankh n°8/9,1999-2000, page 19

[5]
Pour l'Arabe "bilad es-Sudan" voir Théophile OBENGA, La philosophie africaine de la période pharaonique 2780-330 avant notre ère, L'Harmattan, 1990, page 239

Pour l'Hébreu "Pays de Kam" voir la Bible de Jérusalem, les Psaumes : ps 105/23 et ps 105/27

Voir J. F. Champollion, Grammaire égyptienne, Solin actes sud, 1997, page 152, note 2

Voir C.A. Diop, Nations Nègres et Culture, Présence Africaine, 1979, troisième édition, tome I, page 46 et note 2 de la même page

[6] cité par exemple au Collège de France par N. GRIMAL, 1999-2000

 

 

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